12/10/2015 11:12
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Invite du mois : Herve Pillaud

Hervé Pillaud a publié un essai baptisé « Agronuméricus ». Cet essai est une commande de Christian Huyghe, Directeur adjoint de la recherche de l’INRA qui souhaitait avoir l’avis d’un agriculteur sur les changements que va impacté le numérique dans l’agriculture. Dans les années 60, les agriculteurs ont professionnalisé leur métier, créé de véritables entreprises à travers les CUMA ou les GAEC. Le numérique pourrait être une nouvelle étape d’émancipation. « Nous devons prendre conscience de ce que le numérique va apporter à notre métier » précise l’éleveur. « Si nous sommes de simples utilisateurs de technologies, nous passerons à côté de l’essentiel. Il y a énormément de connaissances que nous pouvons activer, et le numérique va nous y aider, notamment grâce au Big Data qui va agréger les données ». Les agriculteurs, au travers de leur organisations doivent en prendre la dimension pour ne pas se retrouver à la solde de donneurs d’ordre qui leur diront quoi faire et comment faire. Pour l’exemple, des sms indiquent le meilleur moment de semer. Ces messages proviennent directement des fournisseurs de semences qui détiennent les données et prennent la main sur les décisions. Outil d’aide à la décision ou infantilisation de l’agriculture, suivant la vision de chacun . Il existe des projets de constituer un « fond mutualisé » des données agricoles. « On peut se féliciter de la mise en place de ce fond » se réjouit l’auteur, mais il faut une véritable volonté politique des organisations professionnelles, accompagnées par les services de l’état et de l’Europe, pour réussir. Internet n’a pas de frontière et ce qui sera instauré pourra l’être à l’échelon européen. « La pire des choses pour une donnée, c’est de la protéger. Une donnée n’a de valeur que par les algorithmes qui la mettent en œuvre » explique Hervé Pillaud. Et il faut collaborer avec les élites du numérique pour développer ces algorithmes. Alors qu’en est-il de « l’uberisation » de l’agriculture ? Existe-t-il des initiatives d’agriculteurs qui se sont emparés de ces technologies pour proposer des nouveaux services, notamment collaboratifs ? Il existe des concours pour faire émerger des initiatives, au travers de start-up. Et il va falloir apprendre à travailler différemment. « On aura plus demain vocation à tout faire nous-mêmes, mais par contre à travailler en confiance avec ces gens-là » pense l’auteur d’Agronuméricus. « L’ubérisation » est lié au numérique. Par contre il est préférable que ce soit les organisations qui prennent en compte ce phénomène sinon, ce sont les agriculteurs qui vont « uberiser » leurs organisations. Il faut revenir aux fondamentaux et s’entourer de ces nouvelles élites. « Les organisations agricoles vont devoir, comme dans les années 60, travailler toutes ensembles » conclut Hervé Pillaud.

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